Attentat à Moscou : ce que l’on sait de l’attaque et des assaillants


« Les personnes qui se trouvaient dans la salle se sont allongées sur le sol pour se protéger des tirs, pendant 15 à 20 minutes, après quoi elles ont commencé à sortir en rampant », a-t-il indiqué.

Un journaliste de l’AFP arrivé sur les lieux quelques heures après l’attaque a vu de la fumée noire et des flammes s’échapper du toit de la salle de concert qui peut accueillir jusqu’à 6.000 personnes. Selon les médias, une partie du toit s’est effondrée. L’incendie a ensuite été maîtrisé.

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Quel bilan ?

Le bilan s’est alourdi samedi après-midi à 133 morts (dont 29 ont pu être identifiés), a annoncé le Comité d’enquête russe, qui a précisé que « les opérations de recherches se poursuivent » dans les décombres. Selon le ministère des Situations d’urgence, une centaine de personnes étaient également hospitalisées, samedi. Parmi les personnes décédées, 29 ont pu à ce jour, être identifiées, a indiqué le ministère des Situations d’urgence.

Selon le ministère russe des Situations d’urgence, les pompiers sont parvenus à évacuer une centaine de personnes qui se trouvaient dans le sous-sol de la salle de concert. Les membres du groupe de rock russe Piknik, qui se produisait ce soir-là, ont pu être évacués, a rapporté l’agence TASS. Des opérations ont également permis de « sauver des personnes se trouvant sur le toit du bâtiment à l’aide d’équipements de levage ».

Mais le bilan risque de s’alourdir. Car les recherches de victimes dans les décombres de la salle de concert vont prendre plusieurs jours. « Les sauveteurs travaillent 24 heures sur 24 sur le site. Le travail se poursuivra pendant encore, au minimum, quelques jours », a écrit sur Telegram le gouverneur de la région de Moscou.

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Qui a revendiqué l’attaque ?

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué l’attentat dès vendredi soir, en écrivant sur l’un de ses comptes Telegram que des combattants de l’EI « ont attaqué un grand rassemblement (…) dans les environs de la capitale russe Moscou ».

Samedi, l’EI a précisé, toujours via Telegram, que « l’attaque (avait) été menée par quatre combattants de l’EI armés de mitrailleuses, d’un pistolet, de couteaux et de bombes incendiaires ». Le groupe djihadiste a affirmé que cet assaut s’inscrivait « dans le contexte (…) de la guerre faisant rage » entre le groupe et « les pays combattant l’Islam ».

Plusieurs experts du terrorisme suspectent la branche afghane EI-K, soit le groupe Etat islamique au Khorasan, d’être derrière l’attaque. Ce groupe mène la vie dure aux talibans depuis qu’ils ont reconquis Kaboul. Ils ont notamment orchestré l’attentat sanglant de l’aéroport de Kaboul en août 2021, qui a coûté la vie à une centaine de civils afghans et 13 soldats américains.

L’EI, que Moscou combat en Syrie et qui est actif aussi dans le Caucase russe, a déjà commis des attentats en Russie depuis la fin des années 2010. Mais le groupe n’y avait jamais revendiqué une attaque d’une telle ampleur. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière en Russie depuis une vingtaine d’années et la plus sanglante en Europe à avoir été revendiquée par l’EI depuis les attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

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Les assaillants ont-ils été arrêtés ?

Le Kremlin a annoncé samedi l’arrestation de 11 personnes, dont « quatre » assaillants, alors qu’une enquête pour « acte terroriste » a été ouverte. Elles ont été arrêtées dans la région de Briansk, frontalière de l’Ukraine et de la Biélorussie, a précisé le Comité d’enquête.

Le président russe Vladimir Poutine a assuré que « les quatre auteurs » de l’attaque avaient été arrêtés alors qu’ils « se dirigeaient vers l’Ukraine où, selon des données préliminaires, une “fenêtre” avait été préparée pour qu’ils franchissent la frontière ». Dans son allocution, il n’a pas mentionné la revendication de l’EI. Le président russe a ajouté que « ceux qui sont derrière ces terroristes seront punis » et qu’ils « n’auront pas un destin enviable ». Il a également dénoncé un acte « terroriste barbare » et déclaré un jour de deuil national dimanche.

Les services de sécurité russes (FSB) ont également affirmé que les suspects avaient des « contacts » en Ukraine et comptaient y fuir. L’ex-président russe Dmitri Medvedev a quant à lui assuré que Moscou tuerait les dirigeants ukrainiens s’il s’avérait qu’ils sont impliqués dans cette attaque.

Mais l’Ukraine nie fermement toute responsabilité dans cette attaque. « On s’attendait à ce la version des responsables russes soient la piste ukrainienne », a noté sur X (anciennement Twitter) le conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak. « Les déclarations des services spéciaux russes concernant l’Ukraine sont absolument intenables et absurdes. L’Ukraine n’a pas le moindre lien avec l’incident ». Plus musclée encore, la déclaration du président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son message quotidien : « Poutine et les autres salauds essaient juste de rejeter la faute sur quelqu’un d’autre ».

Le renseignement militaire ukrainien accuse d’ailleurs le Kremlin et ses services spéciaux d’avoir orchestré l’attaque pour faire porter le chapeau à l’Ukraine et justifier une « escalade » de la guerre.

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Qui sont les assaillants ?

Les quatre auteurs présumés de l’attaque qui ont été arrêtés « sont tous des citoyens étrangers », a assuré samedi le ministère russe de l’Intérieur, dans un communiqué, sans préciser leur nationalité.

La télévision publique Pervy Kanal a diffusé des images de l’arrestation et des interrogatoires des suspects, sur lesquelles deux d’entre eux admettent leur culpabilité, l’un disant avoir agi pour de l’argent.

Des médias russes et un député ont affirmé plus tôt dans la journée que certains suspects étaient originaires du Tadjikistan, un pays d’Asie centrale frontalier de l’Afghanistan. Les autorités de ce pays d’Asie Centrale ont toutefois affirmé n’avoir « pas reçu de confirmation des autorités russes concernant les fausses informations qui circulent actuellement sur l’implication de citoyens tadjiks ».

Le Tadjikistan, frontalier de l’Afghanistan, a été confronté depuis son indépendance de l’Union soviétique en 1991 à une multitude de mouvements armés islamistes. Ces dernières années, des citoyens du pays ont été accusés d’avoir été liés à des attaques djihadistes, notamment en Iran.

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La Russie a-t-elle reçu des avertissements ?

L’ambassade américaine en Russie avait averti il y a deux semaines ses citoyens que des « extrémistes (avaient) des plans imminents de cibler de grands rassemblements à Moscou, y compris des concerts ». La Maison-Blanche a affirmé que les Etats-Unis avaient partagé ces renseignements avec les autorités russes.

« Si les Etats-Unis disposent ou disposaient de données fiables à ce sujet, ils doivent les transmettre immédiatement à la partie russe », a réagi la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova vendredi, en évoquant un « attentat terroriste sanglant » et un « crime monstrueux ».



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