comment Twitter et Instagram ont permis de trouver les coupables


Malgré l’utilisation de pseudonymes, les cyberharceleurs de Magali Berdah ont été rapidement identifiés, grâce à l’aide des réseaux sociaux et des opérateurs téléphoniques.

Un verdict qui montre qu’il “n’y a pas d’impunité”. Ce 19 mars, Magali Berdah s’est félicitée de la condamnation de 28 de ses cyberharceleurs, dont certains à de la prison ferme. Depuis de multiples attaques du rappeur Booba en 2022, des dizaines de milliers de messages haineux ont été adressées à la patronne de l’agence d’influenceurs Shauna Events, dont des menaces de mort et des propos antisémites.

Deux plateformes ont été utilisées par les internautes condamnés ce 19 mars (26 hommes et 2 femmes): Instagram et Twitter. Et contrairement à certaines idées reçues, les utilisateurs, même en utilisant un pseudonyme, sont loin d’être anonymes.

Adresse IP, ou adresse mail

Les investigations ont permis de “mettre en cause 60 profils internet ainsi que le rappeur Booba, donnant lieu à des identifications et à plusieurs vagues d’interpellation et de placements en garde à vue” peut-on lire dans la décision de justice, consultée par Tech&Co.

Dans le même document, les moyens d’identifier les internautes ayant envoyé des messages haineux à Magali Berdah sont détaillés. Dans l’ensemble des cas, qu’il s’agisse de messages envoyés sur Twitter comme sur Instagram, les enquêteurs -par le biais d’une réquisition judiciaire –obtiennent alors l’adresse IP de l’auteur des messages.

A titre d’exemple, dans le cas d’une internaute ayant appelé à “terminer” Magali Berdah, les enquêteurs ont pu compter sur la collaboration d’Instagram pour obtenir l’adresse IP, puis ensuite envoyer une réquisition judiciaire à l’opérateur téléphonique lié à cette connexion. Dans de nombreux cas, cette simple adresse IP suffit à identifier une box, puis son propriétaire.

Mais l’adresse IP est loin d’être la seule information exploitée par les enquêteurs. Dans l’ensemble des cas, les réseaux sociaux disposent de l’adresse mail de l’utilisateur. Ainsi, les enquêteurs se tournent également vers le service de messagerie pour identifier un suspect, ou confirmer son identité.

Accès direct au numéro de téléphone

Ainsi, un internaute ayant appelé à “brûler” Magali Berdah a vu son adresse mail communiquée par Instagram, plateforme qu’il avait utilisée pour publier des messages haineux. Une adresse mail Gmail, hébergée par Google, qui a ainsi été sollicité par les autorités pour fournir les numéros de téléphone associés. Des numéros de téléphone qui peuvent être collectés par les plateformes, par exemple lors de la configuration de la double authentification par SMS.

Dans de nombreux cas évoqués par la décision de justice, Instagram a directement pu communiquer le numéro de téléphone des suspects aux enquêteurs. Dans ce cas, le numéro peut avoir été collecté lors de la synchronisation de ses contacts depuis l’application.

Si les plateformes en ligne collaborent avec les enquêteurs, c’est également le cas des fournisseurs de VPN, qui permettent en théorie de masquer son adresse IP en ligne. Fin 2023, l’auteur de fausses alertes à la bombe avait ainsi été retrouvé, malgré l’utilisation d’un VPN.



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