dates, symbolique, règles et traditions, tout savoir sur ce pilier de l’Islam


Qu’est-ce que le ramadan ?

Le ramadan est le neuvième mois du calendrier islamique, un mois sacré pendant lequel les musulmans du monde entier observent le jeûne (saoum) du lever au coucher du soleil. Cette pratique religieuse est l’un des cinq piliers de l’Islam, c’est-à-dire les actes fondamentaux de la foi.

Pendant le ramadan, les musulmans s’abstiennent de manger, de boire, de fumer et d’entretenir des relations sexuelles pendant la journée. Le jeûne quotidien est rompu chaque soir avec un repas appelé iftar, à partir de l’heure précise de coucher du soleil, qui varie chaque jour et selon chaque ville.

D’où vient la pratique du ramadan ?

Le nom « ramadan » provient de la racine arabe « ar-ramad », qui signifie « chaleur accablante » et aurait été donné au départ (avant l’émergence de l’Islam) au neuvième mois de l’année, parce qu’il correspondait à la période la plus chaude. Mais au VIIe siècle, la naissance de cette religion en a modifié la portée. Dans l’Islam, le ramadan commémore la période de révélation du Coran au prophète Muhammad par l’archange Gabriel, en l’an 610. Il est d’ailleurs le seul mois de l’année mentionné explicitement dans le livre sacré.

La prescription du jeûne pour tous les musulmans, afin de célébrer cette révélation du Coran, aurait été faite plus tard, lors de la deuxième année de l’Hégire (le calendrier islamique) qui correspond à l’an 624 du calendrier grégorien (celui utilisé aujourd’hui dans la quasi-totalité du monde).

Quelles sont les dates du ramadan 2024 et pourquoi changent-elles chaque année ?

La date du ramadan change chaque année en raison de la nature lunaire du calendrier islamique (calendrier hégirien). Contrairement au calendrier solaire, qui est basé sur la rotation de la Terre autour du soleil, le calendrier islamique est basé sur la lune. Le ramadan, le neuvième mois du calendrier islamique, commence lorsque la nouvelle lune est observée. Comme les mois lunaires sont plus courts que les mois solaires (29 ou 30 jours), le ramadan se déplace d’environ 10 à 12 jours chaque année dans le calendrier grégorien.

Cette variation de la date du ramadan fait partie intégrante de la tradition islamique, symbolisant la flexibilité du calendrier lunaire et rappelant aux croyants que le temps et les saisons sont sous la volonté divine. Elle contribue également à ce que chaque musulman puisse vivre le Ramadan à différentes périodes de l’année au cours de sa vie.

La détermination précise de la date du début du ramadan est donc basée sur l’observation de la lune, et peut varier selon les traditions et les pays. En France, le prochain ramadan devrait débuter dans la soirée du dimanche 10 mars 2024 et se terminer dans celle du mardi 9 avril 2024. Des dates qui sont officialisées chaque année par la Grande mosquée de Paris.

Pour cela, les autorités religieuses se réuniront lors d’une nuit spécifique, appelée la « Nuit du doute », et ce à deux reprises : en mars pour déterminer à quel moment le mois de ramadan va officiellement commencer, et en avril pour déterminer à quel moment il va se terminer. Lors de cette nuit d’observation, si la lune est visible, cela signifie que le mois suivant a commencé, et si elle n’est pas visible en raison de nuages ou d’autres facteurs, le mois en cours est prolongé.

Que symbolise le ramadan pour les musulmans ?

L’idée du ramadan est de purifier l’âme des croyants et de les rapprocher d’Allah. Aussi, au-delà du jeûne, les musulmans observent plusieurs règles pendant cette période. Ces dernières sont basées sur les enseignements islamiques et visent à renforcer la piété, la discipline personnelle et la solidarité communautaire.

Les croyants sont notamment encouragés à augmenter le nombre de prières quotidiennes, en particulier les prières nocturnes appelées Tarawih, mais aussi à lire le Coran de manière plus fréquente.

Les actes de charité et de bienfaisance sont fortement encouragés, mais aussi de manière plus large la générosité, la tolérance et l’attention à l’autre. La majorité des musulmans s’acquittent en outre de la Zakat-al-fitr (l’aumône spécifique au ramadan), en en faisant don à une organisation caritative de leur choix. Comme pour la Fidya et la Kaffara, son montant est fixé par les autorités religieuses et s’élève en 2024 à 9 euros par jour et par personne minimum.

Les croyants sont également incités à éviter les distractions inutiles et à se concentrer sur des activités spirituelles. Ils doivent aussi s‘abstenir de comportements négatifs tels que la colère, la calomnie, la médisance et d’autres actions nuisibles.

Ces règles et pratiques visent à créer un environnement propice à la croissance spirituelle, à la maîtrise de soi et à la solidarité.

Tous les musulmans font-ils obligatoirement le ramadan ?

Le jeûne du ramadan est considéré comme une obligation religieuse pour tous les musulmans à partir de la puberté, mais certains en sont exemptés pour des raisons de santé. Cela peut être le cas des personnes très âgées, malades, sous traitement médical particulier, les personnes qui effectuent un voyage, mais aussi les femmes enceintes ou qui allaitent, si elles craignent que le jeûne nuise à leur santé ou à celle de l’enfant. Le jeûne est par ailleurs interdit aux femmes durant leurs menstruations.

En France, selon l’Insee, la majorité des musulmans (plus de 80 %) pratiquent le ramadan chaque année. Au total dans le monde, plus de 1,5 milliard de personnes pratiqueraient ce mois de jeûne chaque année.

Que se passe-t-il si l’on ne jeûne pas au ramadan ?

Si une personne est autorisée à ne pas jeûner pendant une partie ou la totalité du ramadan, selon les cas, deux solutions se présentent :

– soit la personne peut reporter son jeûne ultérieurement, en respectant une durée égale à celle des jours manqués pendant le ramadan

– soit la personne ne peut pas reporter son jeûne (pour des raisons de santé, essentiellement), et doit s’acquitter d’un don compensatoire, la Fidya, qui consistera à nourrir une personne en situation de précarité pour chaque jour non jeûné. Son montant est déterminé par les autorités musulmanes, en France le CTMF (conseil théologique des musulmans de France). Pour 2024, il s’élève à 9 euros par jour, soit 270 euros pour l’ensemble du ramadan.

En revanche, si un musulman non exempté de jeûne fait un manquement volontaire au ramadan, il commet selon l’islam un péché majeur et doit se repentir. Pour cela, là encore, plusieurs possibilités :

– soit la personne peut/veut reporter son jeûne ultérieurement, en respectant une durée double à celle des jours manqués pendant le ramadan (soit un total de 60 jours si le mois entier a été manqué)

– soit la personne ne peut ou ne veut pas reporter son jeûne, auquel cas elle doit s’acquitter d’un don expiatoire, la Kaffara, qui consistera à nourrir deux personnes en situation de précarité pour chaque jour non jeûné. Son montant est donc le double de celui de la Fidya, soit 18 euros par jour, et 540 euros pour l’ensemble du ramadan.

À quoi ressemble une « journée-type » pendant le ramadan ?

Durant le ramadan, plusieurs rituels rythment la journée. Avant le lever du soleil, les familles partagent tout d’abord le suhur, dernier repas avant le début du jeûne quotidien. Ce repas est souvent riche en protéines (œufs, viandes, poissons, fromages, yaourts), en glucides simples et complexes (riz, pâtes, semoule mais aussi dattes ou miel) et en fibres (fruits et légumes) pour fournir une énergie durable pendant la journée, et il est accompagné de beaucoup d’eau. Ce repas terminé, les musulmans effectuent la prière de Fajr, qui marque le début officiel du jeûne quotidien et/ou récitent des versets du Coran.

La journée se déroule ensuite normalement, avec les activités professionnelles, éducatives ou familiales habituelles. Certains observent la prière de Dhuhr à midi, ou consacrent du temps supplémentaire à la réflexion, à la prière et à la lecture du Coran.

Au coucher du soleil, le jeûne est rompu avec un repas appelé Iftar, qui débute traditionnellement par des dattes et de l’eau, suivant la pratique du prophète. Sont ensuite servis à table différents plats, qui varient selon les familles et les traditions. Une fois le repas terminé, les musulmans réalisent la Maghrib, la prière du coucher du soleil.

Après ce temps de prière, certains choisissent de participer à des activités religieuses et communautaires, assistent à des lectures du Coran, exécutent l’Isha (prière de la nuit) et les Tarawih (prières spécifiques au ramadan), ou passent du temps en famille. Certains musulmans participent à la prière supplémentaire appelée Qiyam al-Layl ou Tahajjud, pendant les heures tardives de la nuit.

Qu’est-ce que l’Aïd el-Fitr ?

L’Aïd el-Fitr est la fête de la rupture du jeûne qui marque la fin du mois sacré du ramadan. Il s’agit de l’une des deux dates les plus solennelles du calendrier musulman avec l’autre Aïd, l’Aïd el-Kébir ou Aïd el-Adha, la grande fête ou fête du sacrifice qui commémore, selon la tradition musulmane, le sacrifice que Dieu demanda à Abraham pour éprouver sa foi.

Il a lieu au lendemain du dernier jour du mois de ramadan (le 9e mois), soit le premier jour du mois de chawwal (le 10e mois). La date exacte est déterminée quelques jours avant par les autorités religieuses lors de la « Nuit du doute » (voir précédemment). Selon les projections, cette année, le ramadan pourrait prendre fin le mardi 9 avril 2024.



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