Est-ce que la pleine lune nous empêche de dormir ?


À chaque nouvelle pleine lune, c’est le même refrain : vampires, loups-garous, déclenchements d’accouchement… La pleine lune alimente un véritable folklore. Mais la difficulté à s’endormir lors de ces nuits est la croyance la plus tenace. Alors que la Lune sera pleine ce lundi 25 mars, une question se pose : et si nos aïeux avaient vu juste ?

La mémoire sélective en cause ?

Pour comprendre ces résultats, il faut regarder du côté des croyances. Accouchements en série, crimes en hausse, animaux aux comportements étranges… Les idées reçues sur la pleine lune abondent. Ces dernières pourraient découler de notre propension à remarquer et à attribuer à la pleine lune tout événement inhabituel.

Dans ce contexte, le sentiment de mal dormir lors de la pleine lune est également sujet à cette mémoire sélective. « Si vous vous réveillez avec une luminosité plus importante que d’habitude, vous attribuez votre réveil à la lune. C’est un phénomène connu : un lien d’association spontané sans lien de base », a expliqué, à France Info, le Dr Claude Gronfier, chronobiologiste à l’Inserm. Votre croyance pourrait bel et bien influencer la qualité de votre sommeil. Si vous pensez que vous allez mal dormir pendant la pleine lune, vous pourriez vous conditionner à avoir un sommeil perturbé.

La réponse de la science sur le lien entre pleine lune et sommeil

La cause pourrait également être physiologique. Une étude a été menée par des chercheurs de l’université de Bâle, en Suisse, et publiée dans la revue Current Biology. Pendant 64 nuits, 33 volontaires ont dormi dans une chambre isolée, sans bruit ni lumière. Leur sommeil, leur activité cérébrale et leur sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil, ont été scrutés.

Les résultats ont signé une grande première, à tel point que les chercheurs ont attendu plusieurs années avant de les communiquer. Les données des électroencéphalogrammes étaient sans équivoque : une chute vertigineuse de 30 % dans l’activité cérébrale des ondes delta, signe évident d’une mauvaise qualité de sommeil. Plus globalement, ce dernier a été écourté de 20 minutes (n’y voyez ici aucune coïncidence). La production de mélatonine a, elle aussi, nettement chuté. Pour les chercheurs, ces résultats constituent la première preuve tangible que le cycle lunaire peut avoir une influence significative sur la structure du sommeil humain. De quoi nourrir les interrogatoires.

Une horloge biologique interne selon le cycle de la lune

Nombre de scientifiques rejettent l’idée selon laquelle la gravité lunaire ou la variation du champ magnétique terrestre influencent notre sommeil pendant la pleine lune. Alors, comment expliquer ce phénomène ? La théorie avancée par les chercheurs suisses propose l’existence d’une horloge interne circalunaire, similaire à notre horloge circadienne. Cette hypothèse, étayée par des observations chez certaines espèces animales, suggère que la pleine lune pourrait influencer nos cycles de sommeil en perturbant notre horloge biologique interne.

La lumière de la lune pointée du doigt

Les travaux pour nourrir nos croyances abondent. Une équipe de chercheurs de l’Universidad Nacional de Quilmes en Argentine, de l’University of Washington et de Yale University a, elle aussi, mené une étude, publiée dans la revue Science Advances, auprès de 98 personnes appartenant à trois communautés amérindiennes Toba en Argentine. Divisées en groupes en fonction de leur accès à l’électricité, les participants ont été équipés de capteurs d’activité pour surveiller leur sommeil pendant plusieurs cycles lunaires.

Les résultats sont parlants : tous ont observé des retards au coucher et des nuits plus courtes dans les jours précédant la pleine lune, indépendamment de leur exposition à la lumière artificielle. Cette tendance a été confirmée lors d’une étude similaire menée auprès d’étudiants de la région de Seattle, aux États-Unis.

Selon les chercheurs, la lumière de la pleine lune pourrait bien être la coupable des troubles du sommeil. Cette lueur nocturne semble stimuler notre activité et perturber notre horloge biologique. Mais attention, ce serait surtout le clair de lune au début de la nuit qui aurait un impact sur notre endormissement. En revanche, le clair de lune tardif, lorsque la plupart des individus dorment déjà, devrait avoir peu d’influence sur la survenue et la durée du sommeil.

Des croyances qui ont la dent dure

Voici quelques-unes des croyances les plus répandues quant aux effets de la pleine lune :

  • Influence sur les rêves : Certaines personnes pensent que la pleine lune intensifie nos rêves, les rendant plus intenses et plus mémorables.
  • Impact sur les émotions : On dit que la pleine lune exacerbe ces dernières, pouvant augmenter la susceptibilité, l’agitation et même l’agressivité, en particulier chez les enfants.
  • Santé capillaire : Une croyance persistante affirme que se faire couper les cheveux pendant la pleine lune favorise une repousse saine, rendant ainsi les cheveux plus brillants et plus forts.
  • Fertilité et accouchement : Dans certaines cultures, la pleine lune est associée à une augmentation de la fertilité et à une plus grande probabilité d’accoucher.
  • Appétit : Certains prétendent avoir moins faim les soirs de pleine lune, tandis que d’autres affirment ressentir une faim intense.
  • Douleurs et migraines : Des personnes rapportent des migraines ou des douleurs chroniques plus intenses pendant la pleine lune, notamment des douleurs menstruelles chez les femmes.

Aucune de ces croyances n’est étayée par des preuves scientifiques solides. Pour rappel, il convient de consulter un médecin si vous souffrez de problèmes de santé, plutôt que de se fier à des données non fondées.



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