France-Angleterre (33-31) : « Nos vieux démons ne sont pas ressortis »… Ces Bleus n’ont rien lâché


« On peut enfin tourner la page », savoure le troisième ligne du XV de France François Cros. Celle de ce maudit quart de finale d’un Mondial à domicile perdu d’un point contre l’Afrique du Sud (29-28). Dans ce match contre l’Angleterre samedi en clôture du Tournoi des Six Nations qui avait beaucoup de points communs avec la défaite cruelle de Saint-Denis le 15 octobre, les Bleus s’en sont cette fois sortis en battant le XV de la Rose (33-31), cinq mois après quasi jour pour jour.

Un début de match tonitruant puis un passage à vide, le XV de France secoué sous les chandelles et la « rush défense » adverse, rattrapé puis dépassé… L’Angleterre 2024 avait bien copié l’Afrique du Sud 2023, à un détail près. « Exactement, j’y ai pensé, convenait le sélectionneur Fabien Galthié après la victoire sur le fil à Lyon grâce à Thomas Ramos. Les scénarios se ressemblent beaucoup. Sauf qu’à la fin on arrache la victoire. C’est la suite de notre histoire. Dans cette victoire, il y a l’apprentissage de ce qu’il s’est passé il y a quelques mois. »

« C’était très stratégique avec beaucoup de jeu au pied et de ballons aériens, précise François Cros. Je pense que les Anglais avaient peut-être analysé le quart de finale, et ils ont peut-être voulu se servir de ce schéma avec une grosse défense et beaucoup de pression sur les ballons hauts. Mais on s’est servis de ce quart pour ne pas s’affoler. C’est bien d’avoir tiré la leçon du quart et d’avoir réussi ce match. » L’ailier Louis Bielle-Biarrey, présent aussi lors du quart de finale et chahuté par les Springboks, ne disait pas autre chose : « Peut-être qu’on a appris de ce quart de finale. Peut-être que nos vieux démons ne sont pas ressortis ce soir ».

Pas de transformation contrée ou de pénalité non sifflée cette fois. Les Bleus ont eu la balle de match qu’ils n’ont pas eu contre les Springboks, et Thomas Ramos ne l’a pas loupée. « J’étais sûr qu’il allait la mettre », avouent de concert François Cros, Nolann Le Garrec ou Alexandre Roumat. Signe de la confiance retrouvée d’un groupe qui ne s’est pas laissé emporter par les émotions négatives, même après le cinglant 21-0 encaissés en quelques minutes à cheval sur la mi-temps.

« Même dans les moments difficiles, tout le monde reste positif »

« Même dans les moments difficiles, tout le monde reste positif. Ça représente bien l’état d’esprit qu’il y a dans ce groupe, qui est de ne jamais rien lâcher. Il faut vraiment une grosse force mentale », salue Léo Barré, qui enchaîne une 2e victoire en 2 sélections et a été désigné homme du match. Le Parisien, nouveau venu dans le XV de France, n’a pas l’antécédent du Mondial à traîner, tout comme son pote Nolann Le Garrec. Les petits jeunes ont apporté un vent de fraîcheur et de sérénité dans ce match compliqué.

« Il faut vraiment saluer le caractère de ce groupe, et pas seulement des joueurs cadres. C’est surprenant, il y a beaucoup de joueurs qui ont pris leurs responsabilités, pour arriver à ces deux victoires de suite, l’objectif que l’on s’était fixé », se félicite Grégory Alldritt, capitaine fier de ses troupes.

L’alchimie entre jeunes et anciens, c’est l’une des raisons de la réussite des Bleus à Lyon dans la tempête. « C’est ce qui m’a le plus surpris en arrivant dans ce groupe, confirme Léo Barré. Il n’y a pas d’anciens, de nouveaux : c’est un groupe uni, tout le monde se parle, il n’y a pas de clan. On vit vraiment super bien ensemble, même après les défaites. On a su se ressouder, c’est la grande force de ce groupe. » Qui peut à nouveau rêver pour la suite après le happy end de Lyon samedi.



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