la journaliste dissidente russe Marina Ovsiannikova raconte son exil en France


La journaliste russe Marina Ovsiannikova avait brandi une pancarte “Non à la guerre” en plein journal sur la première chaîne de télévision russe en 2022. Elle vit aujourd’hui en exil en France.

Un quotidien loin des siens. La journaliste dissidente russe Marina Ovsiannikova, qui s’est fait connaître après avoir brandi une pancarte anti-guerre sur la première chaîne de télévision russe, peu après le début du conflit contre l’Ukraine en 2022, se confie deux ans plus tard au Parisien dans un entretien paru ce dimanche 17 mars. Elle raconte sa vie en exil en France.

Un geste “sous le coup de l’émotion”

Le 14 mars 2022, Marina Ovsiannikova, productrice russe d’une chaîne de télévision et inconnue du grand public, brandit, en plein journal télévisé sur la première chaîne du pays, une pancarte. “Non à la guerre”, appelle-t-elle.

Son geste, saisissant alors que la Russie a commencé à envahir l’Ukraine le mois précédent, fait rapidement le tour du monde.

Se disant “impulsive”, Marina Ovsiannikova assure aujourd’hui avoir simplement agi “sous le coup de l’émotion”.

Un quotidien “dangereux”

Depuis, le quotidien de la Russe, devenue l’un des visages de la contestation dans le pays, a été bouleversé.

Inculpée pour “diffusion de fausses informations” sur l’armée, elle est condamnée à 8 ans et demi de prison en Russie. Mais elle s’échappe en octobre dernier grâce à l’ONG Reporters sans frontières (RSF). Depuis, elle vit en exil en France avec sa fille, mais son quotidien n’est pas revenu à la normale.

“J’essaye de suivre certaines règles, mais c’est dangereux pour tous les opposants en exil”, confie-t-elle.

Son fils toujours en Russie

Si la journaliste assure que ses anciens collègues russes “continuent de (la) suivre” sur les réseaux sociaux et continuent donc de suivre son quotidien, qu’elle occupe notamment à lancer son propre média, elle précise qu’ils ne laissent jamais un commentaire. “Parce qu’ils ont peur”, estime-t-elle.

Réfugiée en France avec sa fille, Marina Ovsiannikova n’a pu emmener toute sa famille avec elle, son fils aîné et sa mère sont toujours actuellement dans le pays.

“C’est ça, le plus douloureux pour moi, bien au-delà de ma condamnation à huit ans et demi de prison”, assure-t-elle.

En février 2023, Marina Ovsiannikova avait assuré sur BFMTV ne pas regretter d’avoir brandi une pancarte anti-guerre. Elle avait cependant confié avoir “tout perdu pour pouvoir dire la vérité”. “J’ai perdu une partie de ma famille, mon fils et ma mère ne me parlent plus, j’ai perdu ma maison, mon travail”, disait-elle.



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