Le séisme à Taïwan, capitale mondiale des semi-conducteurs, va-t-il perturber l’économie?


Ce mercredi, Taïwan a été touché par un violent séisme. Plusieurs morts et des dégâts matériels sont à déplorer. Mais le monde s’inquiète aussi des conséquences sur l’économie, Taïwan étant le centre du monde de la production de semi-conducteurs.

Ce mercredi, Taïwan a été touché par un tremblement de terre de magnitude 7,4, soit le plus important depuis plus de 25 ans. Le premier bilan indique au moins neuf morts et plus de 1.000 blessés.

Au-delà du drame humain, si le monde entier a les yeux rivés sur Taïwan, c’est aussi par peur des conséquences économiques d’un tel événement. Depuis des années, Taïwan est devenu le leader presque monopolistique de la production des semi-conducteurs, ces fameuses puces électroniques présentes partout dans notre quotidien. Si les Nvidia, Samsung et Apple sont bien des acteurs importants dans le processus de création des puces, en pratique, ces géants sous-traitent presque toute production à des “fonderies” installées sur la petite île.

Dans le secteur, TSMC est l’acteur incontournable. À elle seule, la société se charge de la fabrication de 60% de l’ensemble des puces en circulation dans le monde et de 92% des puces les plus perfectionnées. Or aujourd’hui, quasiment toutes ses usines se trouvent à Taïwan.

Ce mercredi, Taïwan a été touché par un tremblement de terre de magnitude 7,4, soit le plus important depuis plus de 25 ans.
©via REUTERS

L’événement rappelle une nouvelle fois la problématique de la dépendance extrême à TSMC et Taïwan dans la production d’un élément aussi essentiel de l’économie.

Dégâts limités

Dès l’annonce du tremblement de terre, TSMC a confirmé avoir mis temporairement à l’arrêt ses usines et évacué son personnel. Des dégâts sont également à attendre du côté de la production, les puces étant fabriquées dans un processus ultra-sophistiqué et sécurisé. Le moindre grain de sable dans la mécanique peut y avoir des effets directs sur les lots en production.

Dans la journée, la direction a toutefois confirmé que les dégâts devraient être limités, les premières inspections étant plutôt rassurantes. Il ne devrait donc pas y avoir d’incidences majeures sur l’ensemble de la production et donc, sur l’économie mondiale.

Mais l’événement rappelle la problématique de la dépendance extrême à TSMC dans la production d’un élément aussi essentiel de l’économie. Plusieurs bureaux de consultance ont régulièrement mis en avant les risques qui planaient pour l’économie à conserver une telle dépendance sur un territoire géographique si concentré.

Mais outre les aléas climatiques et naturels, ce sont surtout les tensions géopolitiques avec le voisin chinois qui inquiètent les spécialistes du secteur. Selon une étude du bureau américain Rhodium group, relayée dans nos pages l’année dernière, en cas d’escalade avec la Chine, les dommages économiques pourraient se chiffrer à plus de 2.000 milliards de dollars, “avant même que des sanctions à l’encontre de la Chine n’entrent en vigueur et qu’un conflit militaire de grande ampleur n’éclate. Les disruptions seraient immédiates et difficilement réversibles. Elles auraient un impact sur le commerce et l’investissement à l’échelle mondiale, et peu de pays ne le ressentiraient pas”, indique l’étude.


L’été dernier, TSMC a confirmé l’installation future d’une première usine en Europe. Elle sera installée en Allemagne et devrait couter plus de 10 milliards d’euros.

Le bouclier de la dépendance

Certains experts estiment néanmoins que cette dépendance provoque, en réalité, une sorte de bouclier pour le petit territoire. La dépendance au savoir-faire taïwanais protégerait l’île de son voisin chinois, bien trop effrayé des conséquences mondiales qu’engendrerait un blocage de l’activité de TSMC.

Face à cette dépendance géographique, la situation est toutefois progressivement en train de changer. Le groupe a récemment décidé de débuter son ouverture sur le reste du monde. Des projets d’usine ont été validés au Japon et aux États-Unis. L’été dernier, le groupe a également confirmé l’installation future d’une première usine en Europe. Elle sera installée en Allemagne et devrait couter plus de 10 milliards d’euros. Elle ne devrait toutefois pas sortir de terre avant plusieurs années.


Le résumé

  • Le séisme qui a touché Taiwan pourrait avoir des influences sur le secteur des semi-conducteurs.
  • TSMC a du fermer temporairement ses usines.
  • L’entreprise est le producteur presque monopolistique de puces.
  • Les conséquences devraient être limitées mais la situation rappelle le problème d’une telle dépendance géographique.



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