Najat Vallaud-Belkacem souhaite désormais rationner Internet après… l’avoir encouragé à l’Éducation nationale


Ancienne ministre de l’Éducation nationale socialiste, aujourd’hui à la tête d’une association d’aide aux migrants (France Terre d’Asile), Najat Vallaud-Belkacem s’est fendue d’une tribune retentissante lundi 19 mars, proposant de rationner Internet. Comme nous sommes incapables de nous limiter, « il faut que la contrainte vienne d’ailleurs : donc de la loi, donc de l’État »,écrit-elle dans Le Figarole lundi 18 mars.

Si nous savons que nous n’avons que trois gigas à utiliser par semaine « nous n’allons sans doute pas les passer à mettre des commentaires haineux ou fabriquer des fakes. Peut-être cesserons-nous de considérer comme “normal” de passer plusieurs heures sur des sites pornographiques à regarder des vidéos en ultra HD ».

Selon les chiffres del’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), les Français consomment en moyenne 14 gigas d’Internet par mois uniquement sur leur téléphone. Une limitation serait « progressiste », assume-t-elle, allant jusqu’à proposer de « coder sans ordinateur, avec un crayon et un papier ».

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Que l’addiction aux écrans soit un problème tant pour les enfants que pour les adultes est une évidence que les professionnels de santé rappellent très régulièrement. Il est tout de même paradoxal de voir ce message apparaître sous la plume de Najat Vallaud-Belkacem. Entre 2014 et 2017, lorsqu’elle était ministre de l’Éducation nationale, elle était pourtant particulièrement allante sur le développement du numérique à l’école, considérant que cette dernière était « en retard » en la matière.

Dans la lignée du plan numérique à un milliard d’euros lancé par François Hollande, elle encourageait les écoles primaires et les collèges à se porter candidates pour s’équiper de tablettes numériques. Elle signait un partenariat avec le président de Microsoft : l’Éducation nationale se voyait alors offrir diverses solutions Microsoft pouvant être utilisées en classe, des formations de chefs d’établissement et d’enseignants « utilisant les technologies Microsoft », ou encore l’expérimentation d’un programme d’apprentissage du code informatique.

Évalué à 13 millions d’euros, l’accord, contesté plus tard devant la justice par un collectif critiquant cette situation de monopole, prévoyait aussi une aide aux acteurs français de l’e-éducation.

Une ministre très enthousiaste

Dans L’Express, en 2016, elle s’enthousiasmait pour un professeur qui faisait faire des « dictées sur tablette » à ses élèves qui pouvait cliquer pour réécouter la phrase s’il ne s’en souvenait pas. Le journal Le Monde lui demandait si ces tablettes à l’école n’étaient pas des gadgets, pointant l’intérêt pédagogique limité de ces appareils numériques.

Najat Vallaud-Belkacem défendait pourtant alors une révolution apparemment comparable à celle de l’imprimerie et vantait le fait que son utilisation changeait le rapport à l’erreur pour les élèves. Lors de ces déplacements en tant que ministre, elle assistait à des séances d’initiation au code informatique données à des enfants de huit ans via des logiciels ludiques.

C’est elle qui a introduit l’apprentissage du code dans les programmes scolaires de 2016 dès l’école primaire ainsi qu’au collège. Il était alors question de créer des petits programmes informatiques, de s’initier au cryptage des données ou de programmer le déplacement d’un robot. Le logiciel gratuit Scratch, désormais bien connu dans les établissements scolaires, était mis en avant. Il ne s’agissait certainement pas, à l’époque, d’apprendre à coder ou à utiliser un algorithme avec un papier et un crayon.



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