Photo retouchée de Kate Middleton, un phénomène qui n’est pas neuf : ‘La défense de la vérité revient au centre du débat’


La plupart des photos réalisées ou reçues par les agences de presse sont retouchées. Mais des règles très claires sont imposées aux photos qui viennent de l’extérieur de l’agence, explique Philippe François. Il est ainsi autorisé de modifier le cadrage, d’améliorer le rendu des couleurs ou d’améliorer la netteté de l’image.

La photographie, c’est une écriture“, souligne Thierry Maroit, professeur de photographie à l’Institut des Hautes Études des Communications Sociales (IHECS). Et pour cette écriture le photographe travaille son cadre et utilise les outils que sont la lumière, le contraste, la saturation des couleurs, etc.

À partir du moment où on transforme la vérité, alors là on peut parler de manipulation

De tout temps (en argentique et en numérique), il a été possible de retravailler un peu son cliché : luminosité, densité des couleurs, etc. mais sans altérer la vérité. “Quand on fait ça, on retouche l’image, c’est-à-dire qu’on y apporte quelques corrections qui améliorent sa lecture ou qui donnent un sentiment éventuellement. À partir du moment où on transforme la vérité, alors là on peut parler de manipulation“, tranche le professeur de photographie.

En résumé, nous dit cet expert, on parle de manipulation lorsque la composition du cliché est altérée. S’il est question d’améliorer les conditions de lecture de l’image, on parlera retouche.

Philippe François estime que les procédures mises en place au sein de l’agence Belga sont suffisamment efficaces. Par ailleurs, si les possibilités de modifier les images évoluent, les outils de vérification aussi et certains sont encore en préparation. “Mais c’est clair que pour des agences internationales comme AFP, Reuters et autres, là en effet, c’est une question qui devient de plus en plus prédominante mais auxquelles les agences font face.” Et la question se pose surtout pour les images qui circulent sur les réseaux sociaux, en dehors du contexte journalistique, estime-t-il.

 

La défense de la vérité revient au centre du débat

Thierry Maroit, professeur de photographie à l’IHECS

Ce qui intéresse particulièrement Thierry Maroit, ce sont les réactions que suscite la publication de cette photo auprès des agences, des journalistes ou encore du palais lui-même.

À l’heure où nous traversons une crise de confiance dans la presse, où les photojournalistes doivent pratiquement mendier pour gagner leur vie, “il y a un mouvement intéressant qui se passe“, estime l’expert. “C’est-à-dire qu’on dénonce, on retire une image et on en fait grand bruit […] Ça veut dire que la défense de la vérité revient au centre du débat.

Dans son analyse, le professeur de photographie à l’IHECS prône une attention perpétuelle et de la vigilance des agences, notamment. Et de rappeler qu’en 2015, la fondation organisatrice du concours World Press Photo estimait que 20% des photos proposées au dernier tour du concours avaient été manipulées.



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