Signé Giltay: l’époque de Georges Pompidou, une inspiration pour Emmanuel Macron?



À l’approche du cinquantième anniversaire de sa mort, le 2 avril, la France est saisie d’une Pompidou-mania ! On ne compte plus les magazines et les journaux qui consacrent des pages spéciales aux années Pompidou, les années 70, considérées comme un âge d’or, une époque bénie, une France prospère qui se modernisait, dans une société sans chômage, sans sida… À la mort de Georges Pompidou en 74, Emmanuel Macron n’était pas encore né, et pourtant, il aime puiser dans cette nostalgie pour construire son personnage.

Je vous parle d’un temps que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître, et pourtant, bien des Français, comme Emmanuel Macron, né en 1977, ont l’impression d’avoir vécu à cette époque.

Ça tient au film de Claude Sautet, à la télévision, “Les choses de la vie”, “César et Rosalie”, “Vincent François”, “Paul et les autres”, un univers peuplé de Michel Piccoli, d’Yves Montand, de Romy Schneider ou de Marie Dubois.



On roulait en DS ou en voiture de sport, sans craindre les gendarmes ou les radars. “N’embêtez pas les Français avec ça !”, disait Pompidou quand on lui parlait d’instaurer des limitations de vitesse. Lui-même, le week-end, conduisait une Porsche, d’occasion, mais il disait que c’était la voiture de sa femme, alors qu’elle possédait une 4 L.

Ah, la 4 L ! Pratique, incassable, mais plus moderne que la 2 chevaux. Pour les limitations de vitesse, Pompon, comme on l’appelait, avait peut-être tort.

À l’époque de sa présidence, de 1969 à 1974, on dénombrait environ 18 000 morts sur les routes françaises. Aujourd’hui, c’est 3 000.





On fumait partout, et puis il y avait la libération sexuelle. Emmanuel s’affichait sur tous les murs, les seins nus, dans son fauteuil Pomaré. Une époque de liberté.

Pourtant, Pompidou était plutôt un conservateur, le successeur du général de Gaulle, brillant professeur de lettres, auteur d’une anthologie de la poésie française qui fait encore autorité, avait travaillé à la banque Rothschild. Tiens, comme Macron, il était attaché aux entreprises privées, mais sous un strict contrôle de l’Etat.

L’économie était soumise à un plan quinquennal, et le prix de la baguette était fixé par le gouvernement. Et puis, il n’y avait pas de chômage. On construisait à tour de bras des autoroutes et des HLM. Les Français découvraient les salles de bain et le confort. On préparait le TGV et le Concorde, dans des décors colorés, rouges, oranges, verts pomme.





À l’Elysée, il y avait du Vasarely et du Paulin, de l’art moderne, sa passion. Il faisait ouvrir un musée la nuit pour admirer les Giacometti avec son épouse, Claude, grande femme blonde qui portait avec élégance les tenues des couturiers.

La crise du pétrole en 1973 et sa mort d’un cancer en 1974 ont mis fin à cet âge d’or qui ne reviendra pas. La nostalgie n’est plus ce qu’elle était. 








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