Sylvain Augier, fini de rêver


Paris, France | AFP | mardi 19/03/2024 – L’animateur Sylvain Augier, décédé à l’âge de 68 ans, était l’un des visages les plus populaires de la télé des années 90, avec “Faut pas rêver” et “La carte aux trésors”, avant de disparaître des écrans puis de raconter sa bipolarité dans un livre.

A la télé, sa longue silhouette, son sourire doux, son front dégarni et sa voix enthousiaste restent associés au voyage et à l’aventure.

Le grand public l’a découvert grâce à “Faut pas rêver”, qu’il a animé de 1990 à 1999. 

Programmée le vendredi en deuxième partie de soirée sur France 3, cette émission présentait des reportages sur des destinations dépaysantes. 

Elle avait été créée par Georges Pernoud, le père de “Thalassa”, diffusée juste avant, et a remporté deux Sept d’or, les récompenses de la télé, en 1997.

De 1996 à 2005, Sylvain Augier avait également présenté “La carte aux trésors”, jeu d’aventure lointain descendant de la mythique “Chasse aux trésors” de Philippe de Dieuleveult dans les années 80.

Les candidats partaient à la recherche d’objets cachés dans un département donné, en résolvant des énigmes et en se déplaçant en hélicoptère, l’une des passions de Sylvain Augier.

Parapente 

Outre l’hélicoptère, l’animateur était un fou de sports mécaniques et, plus largement, de sports à risques. En 1988, à 33 ans, il avait eu un grave accident de parapente dans les Hautes-Pyrénées, qui avait failli lui valoir une amputation d’un pied.

Il avait débuté sa carrière à la radio, à France Inter, à la fin des années 70.

“C’était notre Tintin reporter toujours blagueur”, a salué mardi sur le réseau social X l’animatrice et sportive Nathalie Simon, qui a animé “La carte aux trésors” de 2007 à 2009.

Le public était loin de s’en douter du temps de sa splendeur, mais Sylvain Augier luttait déjà contre une maladie mentale, la bipolarité. Elle fait alterner phases d’excitation intense, dits épisodes maniaques, et de profonde dépression.

Il avait raconté sans fard son combat contre cet “ennemi redoutable” dans un livre émouvant paru en octobre, “Je reviens de loin”. Il s’ouvrait sur une tentative de suicide qu’il avait faite à 55 ans, dans le Gard, où il s’était établi. Il avait renoncé in extremis en pensant à ses deux enfants et sa femme.

“J’aurais bien voulu terminer mon livre en vous disant que j’avais pu vaincre la maladie, mais cette maladie est immortelle. Elle ne prendra fin qu’avant ma vie”, écrivait-il, en disant ne pouvoir que “souhaiter parvenir à lui tenir la bride”.

“Donner le change”

“Je ne laissais rien paraître dans mon monde professionnel, que ce soit à la radio ou à la télévision”, poursuivait-il, en confessant avoir appris à “sourire en parlant” pour “donner le change”.

Le diagnostic était tombé en 1990, alors qu’il avait 35 ans. Il avait vécu un premier épisode maniaque pendant qu’il couvrait la course nautique la Route du Rhum en Guadeloupe, suivi d’une intense dépression.

“Je me demande si je n’aurais pas fait le choix de mon métier (inconsciemment, bien sûr) en fonction de ma maladie”, analysait-il dans son livre.

“Ce métier me permettait de m’exalter tous les jours, de faire monter l’adrénaline (comme avec l’émission +La carte aux trésors+, qui me rendait hyperactif et euphorique), de me renvoyer une image très positive de moi”, ajoutait-il.

Dans cet ouvrage, il racontait aussi son enfance dans une famille bourgeoise et croyante, auprès d’un père chef d’entreprise qu’il vouvoyait et d’une “maman modèle” qui l’a élevé “dans une bulle”.

Du côté de sa mère, née Hélène Pigasse, il était apparenté à l’homme d’affaires Matthieu Pigasse. Et sa grand-mère Marcelle, qu’il admirait, avait pour beau-frère Albert Pigasse, créateur de la collection de livres policiers “Le masque”. 



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