Vidéos. Qui était Taos Amrouche, icône de la culture berbère et doodle de Google du jour ?


Taos Amrouche, de son nom complet Marie-Louise Taos Amrouche, est morte le 2 avril 1976 en France, à Saint-Michel-l’Observatoire (Alpes-de-Haute-Provence). Ses parents, Antoine-Belkacem Amrouche et Marguerite-Fadhma Aït Mansour, tous deux convertis au catholicisme dans leur jeunesse, se sont mariés vers 1898. Après la naissance de leur premier enfant, Jean, la famille a quitté la Kabylie en 1910 pour s’installer à Tunis, où ils ont obtenu la nationalité française de plein droit et où Taos est née, le 4 mars 1913.

Chanteuse d’exception

Après avoir obtenu le brevet supérieur à Tunis, Taos s’installe à Paris. Très inspirée par la culture orale de Kabylie dont sa mère est originaire, elle se consacre à l’interprétation des chants kabyles, par ailleurs traduits en français par son frère Jean, écrivain, journaliste littéraire et homme de radio. Dotée d’une voix exceptionnelle, elle se produit sur de nombreuses scènes, comme au Festival des arts nègres de Dakar en 1966, l’année même où elle participe à la fondation de l’Académie berbère de Paris. En 1967, Taos Amrouche obtient le Grand prix de l’académie pour son disque « Chants berbères de Kabylie ».

Taos Amrouche.


Taos Amrouche.

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« Jacinthe noire »

La famille Amrouche fréquente des exilés et des marginaux. Le sentiment que Taos et son frère partagent d’être « à part », ressort dans l’œuvre littéraire de l’artiste, notamment dans « Jacinthe noire ». Écrit à la première personne, le premier de ses romans, paru en 1947, six ans après la fin de sa rédaction commencée entre 1935 et 1937, raconte l’histoire de Reine, un personnage envoûtant et marginal venu de Tunisie, qui est si « différente » qu’elle finit par être chassée de la pension de famille où elle a été accueillie.

Quête d’identité

En hommage à sa mère, qui lui a transmis tant de chansons, de contes et d’éléments du patrimoine oral, elle signe Marguerite-Taos le recueil « Le Grain magique », paru en 1966, joignant à son prénom celui sous lequel sa mère a reçu le baptême. Partagée entre ses racines kabyles chrétiennes, la culture berbère et le français, langue dans laquelle elle écrit ses romans, l’œuvre littéraire et musicale de Taos Amrouche témoigne d’une quête d’identité malmenée par la nostalgie et l’expérience du déracinement. En 2003, sa fille, la comédienne Laurence Bourdil, évoquait au micro de RFI l’engagement de sa mère et sa déchirure, dans cet enregistrement à écouter ci-dessous.

« L’Étoile de chance »

Taos Amrouche a produit plusieurs émissions pour la radio française, à l’instar de « L’heure de Shéhérazade ; l’heure de Shakespeare », des émissions d’émissions de fiction diffusées sur Paris Inter en 1951 et coproduites avec son mari le peintre André Bourdil, né à Pau en 1911, ou encore « L’Étoile de chance », l’ancêtre de « Radioscopie » de Jacques Chancel. Dans cette émission bimensuelle, diffusée sur France Inter et Inter Variétés de 1961 à 1972, dont le titre lui est inspiré par la disparition d’Antoine de Saint-Exupéry, elle reçoit une personnalité qui vient dévoiler sa biographie, son itinéraire, et les « étoiles de chance » qui ont permis l’éclosion de sa vocation.

Symbole de la culture berbère censurée par Alger



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